[Photos] Le Royal OQP expulsé

Le Squat culturel et politique, le « Royal occupé », a été expulsé suite à la « décision d’expulsion dans les 24 heures » en Cour D’appel du 20 mars 2017 ; les forces de l’ordre sont intervenues, 40 jours plus tard, grâce aux élections présidentielles.

À retenir :

  • Plus de 200 agents et officiers de Police, CRS, GIPN
  • 31 Interpellations, dont : 17 gardes à vue, 1 comparution immédiate (4 mois de prison avec sursis ), 3 personnes bléssées.
  • Certaines personnes contrôlées 3 fois.
  • Expulsion dans un calme "relatif".
  • 3 charges de police en marge de l’expulsion.
  • Difficultés à faire valoir notre droit à récupérer nos affaires.
  • Perquisition et vols de matériel, détérioration des lieux par la Police.
  • Théâtralisation des interpellations sur la place de la Comédie.

Plus de 200 agents et officiers de police ont fait le déplacement pour l’occasion, parmi eux, le GIPN, les CRS, des agents de la Police Nationale en tenue antiémeute et armes de guerre (fusil d’assault GC36, etc . . .), les agents municipaux ASVP et la Brigade Anti-Criminalité de Montpellier.

Chronologiquement, la mise en place du dispositif de police sur zone a commencé à 5h30, avec l’arrivée de CRS (15 camions ), un bus de CRS, un camion blanc banalisé avec, à bord, les agents du GIPN cagoulés. L’intervention a commencé à 5h50, heure du premier contact avec un agent du GIPN à travers une fenêtre du toit du cinéma. Suite à cela, les CRS ont démarré une percée au niveau des grandes portes vitrées d’entrée, situées sous le hall, et de l’issue de secours.

Les occupants du Royal ont décidé de concert de se réunir salle 1, pacifistes et obtempérant aux injonctions des forces de l’ordre. Les CRS ont alors pénétré, armes au poing, dans la salle de projection, et contrôlent les identités trois par trois, suivis des ASVP chargés d’attraper les chiens d’occupants (3 chiens ).

L’intervention en elle même s’est plutôt bien déroulée, sans animosité dans l’ensemble. Cependant, devant le royal, une manifestation en soutien du Royal Occupé s’est déclenchée, les CRS ont donc chargé une première fois et ont dispersé la foule, remplissant alors la place de la comédie de CRS, une seconde charge en direction de l’esplanade Charles de Gaulle, filmée par les caméras de France 3 LR, une troisième charge sur l’esplanade en question, cette fois ci, filmée par J. En marge de l’expulsion, rappelons les 31 interpellations, 17 gardes à vue, 1 comparution immédiate, 4 mois de prison avec sursis et de multiples contrôles d’identités (3 pour certaines personnes ), 3 personnes blessées.

Rappelons ce qu’est un squat culturel et politique, c’est tout d’abord un squat d’habitation, nous considérant, comme le mentionne la loi, en temps qu’ « occupants sans droits, ni titres », dormir y est inclus. Outre le fait d’habiter le lieu, la culture et la politique sont au centre du Royal Occupé, faisant de ce lieu le lien avec la population de la ville de Montpellier et les initiatives populaires et militantes. Réunions d’associations, personnalités publiques, expositions artistiques, ateliers de créations, concerts, projections militantes ou simplement culturelles, sont preuves de nos activités, les réseaux sociaux, et les milliers de citoyens du monde, remplis de souvenirs, de partage, et de bienveillance, l’attestent. Que la culture et la politique soient juste une façade ou non, nous avons laissé les portes ouvertes pour partager le lieu et les idées de ET avec chacunE.

Plus de 200 agents et officiers de Police, CRS, GIPN. 31 Interpellations, dont : 17 gardes à vue, 1 comparution immédiate (4 mois de prison avec sursis ), 3 personnes bléssées.

Le Royal Occupé s’est toujours battu pour les sans-abris que les institutions cachent, c’est un lieu à occuper, un lieu où manger, et se doucher. Tout cela se passe par l’accès à l’hygiène, l’eau et l’électricité que les institutions ont toujours tenté de nous couper. Nous parler d’insalubrité nous fait rire par le rapport schizophrénique de l’exécutif avec le législatif. De plus, il s’en est suivi d’une perquisition, le jour de l’expulsion, avant déménagement de nos affaires. Perquisition de tout le cinéma, les dégâts sont là : portes fracassées, trappes, plafonds, murs défoncés, meubles et affaires personnelles tous dispersés au sol ou volés, les sanitaires usagés et fumants d’urine. Par expérience, ces gestes sont récurrents de la part de la police pendant les expulsions. Crier au scandale et pointer des précaires du doigt, premier réflexe de Monsieur Bec (promoteur du Royal - ici et - souhaitant transformer les lieux en une vingtaine d’appartements de luxe ), alors que ce monsieur n’est pas venu une seule fois à notre rencontre pendant l’occupation. Nous avons déboulonné les sièges, pas pour autant abîmé ou volé, mais uniquement stocké dans l’enceinte du Royal. Rappelons également que le permis de construire est caduc, suite à un recours du voisinage, depuis tout ce temps, Monsieur Bec n’a pas pour autant fait avancer les litiges.

Nous sommes pacifistes, nous avons souvent pris des coups, par refus d’en porter à nos agresseurs, restant impérativement à l’échelle des mots et non de la violence physique, nous faisons un travail de communication d’égal à égal avec le publique, nous refusant à toute censure. Actuellement, nous nous défendons par ces mots, et même si le calme était « relatif » pendant l’expulsion, c’était parce que nous le voulions, remarquez bien que la caméra d’un camarade a enregistré une des interpellations arbitraires qui ont suivi la « contestation » pacifiste devant le cordon de police, ce qui a résulté en une prise d’ADN de certaines personnes et une scène de théâtre sur la place de la Comédie, donnant en pâture au public, un spectacle Orwellien.

Durant l’expulsion, nous avons vu qu’un seul agent de police portait son matricule. L’heure de l’intervention ne rentre pas dans le cadre légal, une intervention policière ne s’effectue qu’entre 6h et 22h, autrement, c’est une procédure que l’état d’urgence permet, que seul un juge administratif en aval peut permettre. Ce qui n’est pas le cas actuellement. Nous avons également dû lutter pour récupérer nos affaires. Alors que c’est un droit des occupantEs, stipulé dans le commandement de quitter les lieux et le compte rendu de la Cour d’Appel de Montpellier. C’est notamment grâce à la Ligue des Droits de l’Homme et la CIMADE faisant pression sur l’huissier qui, peu enclin à nous aider, voire même, faisant appliquer des ordres de la Police, et non pas nos droits convenus par décision de justice.

P.-S.

Féminisé par le collectif d’animation du Pressoir.

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